Dans ce conte bref et d’une redoutable efficacité, Saltykov-Chtchedrine met en scène une alliance aussi ancienne que le monde : celle du mensonge rentable et de la crédulité rassurante. Le gazetier mente, le lecteur croit et, chacun y trouve son compte. Jusqu’au jour où la vérité elle-même, devenue marchandise, se révèle tout aussi creuse.
Le gazetier était un fieffé menteur : il trompait tout le monde à longueur de journée, tandis que le lecteur, lui, était d’une telle crédulité qu’il croyait tout ce qu’il lisait.
C’est ainsi que le monde va depuis la nuit des temps : les trompeurs trompent, les crédules les croient. Suum cuique [À chacun son dû (latin)].