Résumé
Dans un souci d'accueil d'horizons variés, un double numéro composé... comportant lorsque nécessaire de courtes présentations situant les auteurs ou les textes.
Côté traductions : Brodsky ici dans ce long poème prodigieux, Vingt sonnets pour Marie Stuart, dans la traduction de Christian Mouze ; Stevens avec cet autre long souffle, énigmatique et fluide, Les Aurores en automne dans la traduction de Nicolas Vatimbella ;
De l'italien, des poèmes d'Ernesto Calzavara (trad. Philippe Di Meo) et deux proses de Mariangela Guatteri (trad. Benoît Gréan) ; du russe encore, avec une place plus ample donnée à Arkadi Dragomochtchenko (poète important de la scène contemporaine russe, mort en 2012, déjà présent dans le premier numéro), puis un poème de Daniil Kharms et un de Marina Tsvetaeva ; de l'anglais (américain) encore avec un poème de Robinson Jeffers ; et de l'allemand des poèmes de Jakob Van Hoddis, de l'afrikaans avec Ingrid Jonker que l'on retrouve ici avec une prose. Soit une dizaine de traducteurs.
Là, le théâtre approché : Dominique Grandmont (après deux poèmes des plus récents), dans une rencontre fortuite avec l'homme de théâtre Antoine Vitez, toujours dans la justesse de sa pensée et de son témoignage ; Wallace Stevens...
Là, l'expérience du regard avec Arkadi Dragomochtchenko (à travers la photographie notamment en ce poème situé en fin de numéro), Mariangela Guatteri, voix contemporaine venue d'Italie ouvrant le numéro, avec un extrait de son projet Casino Conolly, construit autour de l'hôpital psychiatrique, et le clôturant avec un texte où précisément le regard va chercher son extrémité, ou bien Alexis Audren, lequel approfondit le regard jusqu'à constituer « bariolages et bigarrures », sans oublier les proses de Jacques Sicard provenant de la vision des films...
Prières de Kharms et de Tsvetaeva... Échos : Claire Norrois (autre jeune découverte dans ce numéro avec Alexis Audren), avec un texte impulsé par les Divagations de Mallarmé, d'une langue surprenante (il s'agit de son premier texte à paraître) ; Dominique Maurizi, elle, partant d'Alejandra Pizarnik...
Guerre aussi, ici ou là omniprésente : Jakob Van Hoddis, figure majeure de la poésie de langue allemande dite « expressionniste »...
De cet ensemble ici livré, n'oublions pas la suite de poèmes de Karine Marcelle Arneodo (par ailleurs traductrice du japonais), les « célébrations » de Christophe Manon, les « éclats » comme des instantanés du quatre mains de Bruno Grégoire & Anne Segal...