
Astolphe Louis Léonor, marquis de Custine, est un écrivain français, célèbre pour son ouvrage La Russie en 1839, parfois considérée comme le pendant pour la Russie de l'essai De la démocratie en Amérique de Tocqueville.
Astolphe rentre dans l'armée et le corps diplomatique, assistant au congrès de Vienne aux côtés de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord. Il se marie, en 1821, à Léontine de Saint-Simon de Courtomer. Un fils, Enguerrand, naît de cette union en juin 1822. L'été de cette même année, le marquis de Custine fugue en Angleterre avec Édouard de Sainte-Barbe, un jeune homme de quatre ans son cadet. Le 28 octobre 1824, la vie de Custine est irrémédiablement changée. Alors qu'il se rendait à un rendez-vous galant avec un soldat, il est attaqué par les compagnons d'armes de celui-ci, battu, dénudé et abandonné inconscient sur le pavé. Sa mésaventure est bientôt connue du Tout-Paris et la réputation de Custine entachée.
Il gagne quelque reconnaissance grâce à ses récits de voyage en Espagne. La publication, en 1835, par Alexis de Tocqueville de De la démocratie en Amérique dont le dernier chapitre prophétise que le futur appartient aux États-Unis et à la Russie, aide Custine à décider d'entreprendre, en 1839, un voyage en Russie, principalement à Saint-Petersbourg mais aussi Moscou et Iaroslavl.
Une autre explication réside dans l'arrivée à Paris, d'un jeune comte polonais de 23 ans, Ignacy Gurowski, qui emménage au domicile parisien de Custine et Sainte-Barbe. évènement affecta profondément Custine. Il fuit la France pour l'Italie où il composa son ouvrage, trois ans après son retour de voyage.
La Russie en 1839 (dont des extraits ont été publiés sous le nom Lettres de Russie), publié le 13 mai 1843, a un succès immédiat et prolongé : six rééditions verront le jour. Le livre est publié en Angleterre et en Allemagne, mais interdit en Russie. En Occident le livre tomba dans l'oubli pendant une centaine d'années, avant qu'au moment de la Guerre froide, on remarque que les jugements de Custine sur la Russie tsariste étaient parfaitement transposables à la Russie soviétique. En Russie, il ne cessa jamais d'être imprimé clandestinement et de circuler sous le manteau.